Madinah Institut

LES REPETITIONS SONT ELLES EFFICACES DANS L’APPRENTISSAGE ?

Aujourd’hui Il faut que tout aille vite. Cette qualité est valorisée dans le monde actuel. Les gens désirent ne pas perdre de temps pour se rendre au travail, recevoir leur colis le plus rapidement possible et perdre du poids en un mois à peine. Est-il possible de les blâmer? Après tout, avec Internet, bien des actions se font quasi instantanément. Alors, logiquement, l’apprentissage devrait suivre cette tendance…?!

La répétition est en effet un élément clé qui n’est plus à démontrer. Les dernières découvertes en neurosciences le prouvent. La connaissance devient plus stable et plus solide par la répétition car celle-ci trace et creuse de vrais sillons dans notre cerveau.

Apprendre par cœur n’est pas bête, c’est même tout le contraire

La répétition est le mécanisme élémentaire de la mémoire. Elle aboutit à des connexions stables entre neurones (par les points de jonction appelés synapses) et à une communication facilitée (par les neurotransmetteurs). En général, il faut des dizaines, parfois même des centaines de répétitions pour apprendre quelque chose, notamment pour les apprentissages sensori-moteurs (vélo, ski, conduite automobile…). Comme on a plusieurs mémoires, cette répétition prend des formes différentes. Pour la mémoire lexicale, c’est l’apprentissage par cœur (faire des lignes de mots par exemple). Pour la mémoire sémantique (la signification des choses), il faut varier les contextes d’apprentissage (lire le manuel de cours, regarder une image, écouter le cours, voir une Video etc.).

Comment faire pour que le cerveau garde le plus longtemps possible les informations ? 

Le cerveau ne fait pas qu’emmagasiner. Il est tellement sollicité dans la journée qu’il trie les informations et celles qui ne lui semble pas importante, il ne les garde pas.
Mais quand le cerveau voit passer une information plusieurs fois dans la journée, il s’interroge et se dit : « tien ! Peut-être que je dois le garder ! »,Il faut savoir que si l’enfant ne revoit rien en 24h, alors il ne conserve que 25% de ce qu’il a appris. Au bout d’une semaine, 7 à 8%. Au bout d’1 mois 2 ou 3 %. Pour que son cerveau s’en souvienne, il va falloir que l’enfant pratique et pas qu’une fois de temps en temps, il comprend alors qu’il faut retenir l’information.
Alors, le message est clair et sa mémoire musculaire va se mettre en route !
Mais attention, il est important de reprendre la présentation le lendemain pour relancer l’information au cerveau, puis de le laisser pratiquer 1, 2, 3 ou même 10 fois tout le travail. Et cette fois le cerveau comprend : « je le garde dans la mémoire à long terme »

La pertinence des exercices répétés

Dans la perspective cognitive, la répétition est une partie essentielle du processus d’automatisation, particulièrement lorsqu’il s’agit de connaissances procédurales. L’automatisation d’une procédure fait qu’elle prend très peu de place en mémoire à court terme. Les exercices répétés sont pertinents pour l’intégration d’automatismes. Les exercices répétés sont appropriés pour l’intégration des connaissances procédurales. Ils sont pertinents afin de développer les habiletés relatives à la mémorisation.

L’impact des répétitions espacées sur la mémoire à long terme

Sommes nous condamnés à oublier tout ce que nous étudions ? Non. Et c’est ici qu’intervient la théorie des répétitions espacées. Cette théorie suppose que, lorsque nous étudions quelque chose de nouveau, nous en retenons la majeure partie pendant un temps très court. Ensuite, nous oublions. Mais, la bonne nouvelle, c’est que si nous revoyons la matière juste au moment où nous allons l’oublier, nous prolongeons le temps de rétention et nous transférons ces nouvelles connaissances dans la mémoire à long terme.
Les neurosciences cognitives ont identifié quatre facteurs qui déterminent la facilité d’apprentissage : l’attention, l’engagement actif, le retour d’information et l’automatisation. En début d’apprentissage, l’effort mobilise toutes les ressources du cortex frontal. Afin de libérer l’esprit pour d’autres tâches, il est indispensable que la connaissance devienne routinière. En lecture, par exemple, ce n’est que lorsque le décodage des mots devient automatique que l’enfant peut se concentrer sur le sens du texte. La répétition quotidienne va transférer l’apprentissage vers des circuits cérébraux automatiques et non conscients. De nombreux exemples démontrent que, déclinés à l’école, ces principes conduisent à des améliorations rapides.
Au Royaume-Uni, « l’heure de lecture »,un cours quotidien, structuré et axé sur le décodage, la lecture à haute voix, l’écriture manuscrite et l’enrichissement du vocabulaire, a fait bondir les performances des enfants.

L’art de la répétition

L’art de la répétition va au delà de la simple reformulation car il passe par la variation des méthodes pédagogiques. La répétition ne doit pas se réduire au travail d’une même activité plusieurs fois, au risque de voir l’élève complètement dépourvu lorsqu’il devra faire face à une tâche complexe. La répétition doit être aussi entendue comme le travail dans différents contextes du même objet de savoir. Plus l’élève aura vu un objet de savoir dans des contextes différents, plus il se sera entraîné, plus il sera compétent et pourra transférer ce qu’il a appris. La pédagogie de la répétition et de l’entrainement quotidien sont d’ailleurs au cœur des nouveaux programmes scolaires en France.

Rituels et ennui

Un rituel, ou activité ritualisée, est un moment régulier et habituel de courte durée. C’est par leur régularité et leur fréquence que des activités prennent pour l’enfant le statut de rituel. Pour construire des traces dans les circuits neuronaux, il est nécessaire de répéter un même apprentissage sur un laps de temps court. Pour permettre cette répétition, la pratique des ateliers a été abandonnée au profit d’un travail où chaque enfant possède son matériel afin de permettre un travail individuel et un cheminement personnel. Les situations proposées sont toujours des situations complexes pour obliger leur décomposition (analyse) et recomposition (synthèse) en assurant ainsi les interconnexions neuronales nécessaires à la bonne formation de l’intelligence de tous les enfants. Ces situations non maitrisées au départ le seront de mieux en mieux au fil des jours.

Ce qu’il faut retenir 

Le cerveau ne fait pas qu’emmagasiner, il trie et élimine ce qui ne lui semble pas important.
La répétition est indispensable à l’apprentissage.
Le cerveau comprend en répétant qu’il ne faut pas éliminer l’information
Madinah Institut permet et encourage la répétition.
L‘enfant, tant le petit que le grand, a besoin de faire des exercices encore et encore afin de suivre son propre chemin de développement par ses propres moyens